Le Billet hebdomadaire...<br> de Didier Vanoverberghe

Le Billet hebdomadaire...
de Didier Vanoverberghe

Semaine 32.

 Ouvrage paru en 2009 aux Editions Hermès (Lavoisier).

Didier Vanoverberghe est créateur du "q de Tobin microéconomique". Il est administrateur du C2P, ingénieur général du corps des Mines, membre du Conseil scientifique de ISC Paris Business School et expert international en finance d'entreprise. 

Chaque semaine un extrait de son livre sera publié et sera soumis à vos commentaires.

Il vous est donc possible d'échanger avec l'auteur dès à présent.

 

Pour se procurer l'ouvrage

LE BUSINESS ASSURANCE

pour la performance de l'entreprise

Avant propos

Extrait n ° 2

 


Origine et nécessité

 


Même si, un siècle après, nous ne sommes plus à l’époque du taylorisme roi, car les organisations ont changé, force est de constater que Frederick Winslow Taylor’ se posait déjà la question centrale pour l’entreprise :

« L’objet principal du management de l’entreprise doit être d’assurer la prospérité maximale pour l’employeur, associé à la prospérité maximale pour l’employé ».

Construite à partir du contexte économique de l’époque, sa réponse :


– réduisait la stratégie de l’entreprise à sa plus simple expression, dans une vision réduite à l’accroissement de la production, car les besoins des clients étaient nettement supérieurs aux capacités des entreprises ;

– visait ses processus au niveau de la tâche à définir dans des procédures pour se contraindre assurer la productivité maximale avec, si possible, le minimum de défauts ;


– utilisait des employés souvent peut formés, donc des compétences limitées, avec pour conséquence la nécessité de remonter toutes les décisions relatives aux tâches vers les managers et les bureaux d’études.


Le tout formait donc un corps de doctrine productiviste apte à répondre aux besoins du marché du début du XXe siècle, mais assez statique et figé dans cette époque.

Taylor précisait même :

« L’expression prospérité maximale est utilisée ici dans son acception la plus large et signifie non seulement des dividendes très importants pour la compagnie mais aussi le développement de chaque unité de business à son niveau d’excellence le plus élevé dans le but d’établir une prospérité permanente. De la même manière, la prospérité maximale pour l’employé signifie non seulement des salaires plus élevés que ceux des personnels de métier comparable, elle sous-entend surtout le développement de chaque individu jusqu’à atteindre son niveau d’efficacité maximale, ct qu’il soit, dit autrement, capable d’exécuter le travail du plus haut niveau permis par ses capacités naturelles et que par conséquent, lorsque cela est possible, qu’un travail de ce niveau lui soit confié».

Pour AG. Lafley, président et CEO de Procter & GambIe, 11° entreprise mondiale, qui a surpassé en huit ans tous ses concurrents :
« Réussir dans le business mondial aujourd’hui reste la même chose depuis des décennies : se créer de nouveaux clients, de nouveaux produits et de nouveaux services qui génèrent de la croissance des revenus et des profits. Ce qui est différent, c’est comment le faire ».


Cet objectif invariant peut être résumé simplement en « créer de la valeur ».

La recherche de solution à la question de la création de valeur maximale ne se trouvera pas en recopiant simplement le modèle d’une entreprise devenue excellente.



( A SUIVRE ) 

 

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Photo Didier Vanoverberghe 
Merci de m'adresser vos commentaires ou vos questions via un mél grâce à un simple clic sur ma photo. 
Je les ferai paraître sur le site du Club et je vous répondrai.   

Didier Vanoverberghe

 

QUESTIONS à Didier  Vanoverberghe

 

J'ai lu avec intérêt tes deux derniers billets hebdomadaires qui m'ont paru très intéressants.

J'ai une remarque concernant l'accroissement de la valeur que tu présentes un peu comme
«la solution» pour les aider les entreprises à sortir de la crise ...

Je pense, personnellement, que ce n'est pas suffisant car nous sommes en effet dans une crise financière qui n'a pas d'équivalent depuis le début du XX° siècle.

Elle a commencé par l'explosion d'une bulle financière qui était prévisible dès le début de 2007 avec les subprimes et leurs impacts sur l'ensemble des marchés.

Cette crise s'est traduit par une forte dévalorisation des actifs des banques et des entreprises, par un arrêt net de la circulation des moyens financiers, par une impossibilité des banques de financer les besoins des entreprises (blocage des crédits) et par une perte de confiance des acteurs sur les marchés financiers et des clients qui ne veulent ou ne peuvent plus investir et financer leur développement.

Tant que le retour à une certaine confiance et qu'un retour à la circulation des flux financiers ne sera pas en place les entreprises seront toujours en difficultés et n'auront pas les moyens d'innover et donc d'accroître "la valeur" et les clients n'auront pas les moyens d'acheter à leurs fournisseurs.

C'est un vrai cercle vicieux dont on commence, a priori, à voir le bout.

Il est vrai que pour atteindre l'excellence sur leur marché, les entreprises doivent augmenter "la valeur" au sens large mais sans moyens d'investissement, je pense que cela est très difficile voir impossible.

Continues dans cette initiative très intéressante et bonne rentrée !

Patrick Ruby
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     A propos de Taylor, j'aime bien rappeler qu'il eut l'intuition de sa méthode de découpage des tâches.. en visitant les abattoirs de Chicago .
On allait construire des choses compliquées en faisant à l'envers ce qu'on faisait aux vaches. Chaque ouvrier serrerait toujours le même boulon, comme le boucher industriel donnait toujours le même coup de couteau.

Ce qui est fascinant, c'est que l'homme n'était utilisé que pour sa force musculaire, mais surtout pas son intelligence. Il est évident que maintenant il faudrait faire exactement le contraire, mais je m'interroge vraiment si certains dirigeants créent les conditions pour cela. Je crois qu'ils en ont peur.

La dernière phrase de l'extrait est saisissante : recopier un succès n'est pas synonyme de succès! Mais bien sûr! Quand on plaque "bêtement" dans une entreprise, un processus qui a été construit dans une autre entreprise, sans tenir compte de sa culture et de ses spécificités, on va à l'échec.

Voila un beau sujet de réflexion pour les entreprises de consultants qui se contenteraient de ne fournir que des recettes de cuisine, en suivant les modes !

Le benchmarking, la reingénierie, les processus, ne sont pas du prêt-à-porter, mais des stimulants !

François de Joux
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Intéressante cette notion de "création de valeur" ainsi que que vos deux  billets de manière plus générale …

La création de valeur,  synonyme d'innovation et donc de changement, notamment dans la "manière de faire" de l'entreprise et donc de ses processus ?

Il y aurait ainsi un paradoxe : la prospérité maximale et instantanée de l'entreprise reposerait sur une efficacité maximale de ses processus mais la pérennité de cette même entreprise serait liée à sa capacité d'innovation, de création de valeur et donc de changement, de remise en cause, d'adaptation de ses processus. 

La prospérité maximale serait-elle donc l'ennemi de la pérennité ?

Finalement l'entreprise de demain ne se doit-elle pas non seulement d'être efficace dans ses processus mais surtout dans ses "méta-processus" (d'évolution de ses propres processus) ?

Qu’en pensez-vous ?

Marc Grosset
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REPONSES de Didier  Vanoverberghe

@ Patrick Ruby 

La posture prise par le "Business Assurance" ne se limite pas aux entreprises. Elle s'applique et se généralise aussi aux marchés complets que sont les nations et le monde.

A ce titre on définit la Valeur Client de l'ensemble des entreprises Françaises (et mondiales de même, on restera sur la France pour simplifier) comme la somme de leur Valeur ajoutée (Chiffre d'affaire sans redondance) actualisée.

Soit encore, sous forme d’une relation ;

      Valeur Clients France =  PIB n + 1/(wacc-g)  =  q(CA)*Kapitaux

Il s'agit pour un pays, de même que pour une entreprise, d'avoir un PIB pour l'année qui vient, mais aussi une croissance durable de ce PIB.

Ceci relève donc d'une approche Business Assurance (on peut y appliquer les mêmes éléments: résonance auprès de l'opinion publique des politiques gouvernementales, q de Tobin, ....)

On retrouve par analogie 4 conditions sur l'économie française ou mondiale :

· avoir des projets en nombre suffisants, en volume financiers bien sûrs (projets d'Etat et privés) ce qui est représenté par le g dans la formule
· que ces projets aient une rentabilité supérieure au wacc , c'est à dire supérieure au prix du temps complété du prix du risque (ROCE>=wacc, formule bien connue des investisseurs et des chefs de projets)
· que les projets soient financés (Kapital) et donc que les banques jouent le jeu , de bon cœur ou par obligation (ce qui demande un pilotage)
· tout cela demande de retrouver la confiance de consommateurs, qu'ils soient sécurisés psychologiquement au moins, ou par un soutien économique (exemple révision de la position des USA sur la couverture maladie, du Japon sur les retraites, aides...) , et des investisseurs: Ceci s'appelle la résonance.

En publiant dans LA TRIBUNE du 9 juillet un article sur une critique des normes IFRS et une proposition de norme (en marché imparfaits, grâce au q de Tobin et un compte en valeur économique) avec Georges Pariente, nous avons montré comment les bulles pouvaient être estimées donc contrôlées, donc évitables...

Cet exemple pour montrer que la démarche BA ne se réduit pas aux entreprises.
Cette démarche s'appuie sur:
· un aspect Humain, la recherche de la résonance (une vraie communication entre les hommes)
· un aspect Financier: une théorie de la valeur en marchés imparfaits.

Ajoutons enfin que la vocation du BA pour l'entreprise n'est pas d'en sortir seulement d’une crise, mais d'éviter d'y entrer, ou d'éviter d'y faire entrer les autres (quand on est une banque américaine ou un organisme relayant les prêts ou bien un organisme fédéral qui fixe les taux).

Merci d’avoir abordé cette question cruciale.

Didier Vanoverberghe
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@ Marc Grosset

Bien des sujets très importants sont reconnus et mis en avant dans ton commentaire !

C'est bien cela que je souhaite exprimer dans le concept de Business Assurance, sans opposition néanmoins.

Finalement l'entreprise de demain  se doit non seulement d'être efficace dans ses processus et aussi dans ses "méta-processus" (d'évolution de ses propres processus)

J'ajouterais, elle doit être excellente mais plus encore cette excellence doit être reconnue !

Résonance = Excellence + Reconnaissance de cette renommée par tous les Acteurs (Clients, Employés, Actionnaires...).
 

 Didier Vanoverberghe
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@ François de Joux

J'approuve des 2 mains ce commentaire !
Ce qui fait donc deux fois 5 sur 5 si nos mains se rejoignent, comme nos esprits...

De plus, il nous insuffle, comme d'autres commentaires, l'envie d'avancer, tous ensemble.

Didier Vanoverberghe 
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