L'édito du mois ...

bernard-bougel

PROCESSUS ... confiance et souffrance au travail

Les 6èmes Rencontres sont terminées.
Qu'y avons-nous entendu ?

Que la confiance est partie !

C'est Hervé Sérieyx qui le dit et qui l'écrit (*).

Parce que le marché, l'entreprise fabriquent des comportements destructeurs de confiance, calés qu'ils sont sur le développement d'une société où nous sommes davantage (pour ne pas dire exclusivement) consommateurs plutôt que citoyens ou acteurs respectés ...

 
 Parce que les salariés, quels qu’ils soient, ont maintenant besoin de comprendre pour obéir. Parce qu’on ne peut plus simplement donner des ordres. Et que le mensonge et la langue de bois étant devenus les éléments ordinaires de la communication (cf. les mensonges énoncés régulièrement avec tant d’aplomb par nos hommes politiques) ce changement a du mal à prendre racine, tant dans la société civile que dans l’entreprise.

Qu’il urge d’ouvrir nos sociétés et nos entreprises devenues autistes, de recréer un climat qui permette à la confiance de revenir.
 
     L’approche  processus est-elle une des clés ?
 
Hervé Sérieyx le croit, qui milite pour créer des organisations vivantes, des organisations apprenantes, des organisations qui managent les « 10 C » (Cible, Cohérence, etc.), des  organisations où chaque acteur connaît la vision des dirigeants, sait quelle est sa contribution à une mission explicitée et … respectée.
 
Nous avons également entendu que, contrairement à une idée commune, c’est le travail qu’il faut soigner, plutôt que les travailleurs !
C’est Yves Clot qui défend cette thèse (**).
 
Tant  à l’échelon gouvernemental qu’à celui de nos entreprises parmi les plus en vue,  nier l’aspect constructif des conflits du travail ou bien élaborer dans l’urgence des solutions de prise en charge de la souffrance individuelle (cellules psychologiques, de veille, etc.) sont des postures non seulement inopérantes, mais surtout contre performantes, car cela masque la nécessité de « soigner le travail », en recréant du collectif.
 
     Là encore l’approche processus est-elle une des clés ?
 
Yves Clot ne le dit pas explicitement, car il n’est pas familier de ces approches managériales. Néanmoins, la description qu’il fait de la nécessité de favoriser le « bien faire », comme celle de faire confiance à « ceux qui font », en leur laissant des marges de manœuvre suffisantes, semblent être au cœur d’une approche processus bien pensée, à savoir celle qui fait la part belle à l’initiative personnelle, celle qui privilégie la coopération entre tous les acteurs, celle qui met en valeur les contributions des uns et des autres et qui reconnaît puis récompense la réussite collective.
 
 
    Le pilotage par les processus, une idée d’avance ?
 
 
Bernard Bougel
 
 
(*)       CONFIANCE … Mode d’emploi -   Crise… ou crise de confiance ? 
           (Hervé Sérieyx Ed. MAXIMA)

(**)      Le travail à cœur – Pour en finir avec les risques psychosociaux 
         (Yves Clot Ed. LA DECOUVERTE)

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